J’ai libéré mon entreprise (mais de quoi ?)

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En 2009, après huit années passées en SSII, j’ai fondé  Aepsilon. Mon objectif était de créer une société de conseil différente, dont l’énergie allait être consacrée à œuvrer pour le bonheur et la satisfaction des consultants.
Pour atteindre cet objectif, je propose à chaque consultant un pacte, un engagement sur un socle de valeurs communes sur lesquelles je m’appuie pour guider chaque action et décision : Confiance, Transparence, Respect et Ecoute.

Mettre en pratique ces valeurs au quotidien n’est pas chose facile, et même si aujourd’hui, l’entreprise est pérenne, les objectifs sont atteints et les consultants sont heureux et épanouis,  j’ai dû faire face à de nombreuses frustrations, à des conflits allant jusqu’à la séparation. Chaque départ a constitué une blessure personnelle. Car à chacun de ces événements, une entorse dans le pacte des valeurs a été mise en lumière, et dans chaque cas, j’en portais la responsabilité.

Je me suis souvent interrogé sur la manière dont il fallait améliorer nos méthodes pour que l’objectif et la promesse du bonheur pour tous soient tenus.

En février 2015, le documentaire « le bonheur au travail » diffusé sur Arte m’a interpellé. On y montre des entreprises dites libérées, sans hiérarchie ni contrôle, où le pouvoir est laissé aux employés. Les salariés y sont heureux, et les entreprises sont prospères.
Et si c’était cela la bonne méthode ? Libérer mon entreprise était peut être la solution.
Je me suis donc penché avec attention sur les études d’Isaac Getz sur l’entreprise libérée, et me suis particulièrement intéressé au le cas de l’entreprise FAVI dirigée par Jean-François Zobrist.
Tout ce qu’il avait fait et mis en place raisonnait comme une évidence avec mes valeurs et mes objectifs. Son expérience et la simplicité des principes avec laquelle il avait libéré son entreprise m’ont définitivement convaincu qu’il était temps que je libère Aepsilon.

J’ai en particulier retiré 3 leçons majeures pour guider mon action :

  • Porter et assumer les valeurs d’Aepsilon jusqu’au bout, en particulier la confiance (car elle permet la transparence, le respect et l’écoute) : je dois faire totalement confiance et laisser aux salariés une liberté totale d’action et de décision, sans contrôle ni hiérarchie.
  • Aucune méthodologie miracle ou dogme ne sera mis en place. La transition doit s’opérer progressivement, au cas par cas, sur la base du bon sens, de la bonne volonté et de la bonne foi de chacun.
  • Enfin, mon rêve d’une entreprise au service du bonheur des consultants doit devenir un rêve partagé, chacun doit s’y engager à son rythme et y apporter sa contribution.

Sur ces bases, j’ai lancé le projet myAepsilon, visant à donner le pouvoir aux salariés, en m’affranchissant du contrôle.

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Ce projet est à la fois une révolution dans la méthode, et un retour aux objectifs et aux valeurs fondatrices.  A ce jour, 80% des consultants s’y sont engagés en y apportant leur contribution active.

Avant de mettre ce projet en œuvre, même si j’avais perçu  le bien-fondé de la méthode, je ne comprenais pas bien la terminologie d’entreprise dite  « libérée ». Plus précisément, je ne savais de quoi il fallait libérer l’entreprise, ni définir ce qui l’emprisonnait.

Maintenant que je l’ai fait, j’ai compris que ce dont j’ai libéré l’entreprise, c’est de  moi-même : de mon contrôle, de mon emprise,  et même de mon égo.

Je ne sais pas précisément où cette libération nous mènera, ni par quel chemin nous passerons. Ce projet n’est plus le mien, il est celui de tous. Je suis désormais à son service, et non plus dans son contrôle.

Et si finalement, c’était moi que j’avais libéré ?

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