Voyage au cœur de la Silicon Valley

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En entrant dans les bureaux de la plateforme de blog Medium, j’ai été frappée par l’ambiance régnante. Située au cœur du quartier financier de San Francisco, sur Market Street, les Champs-Elysées de la ville aux 40 collines, la start-up est perchée au 9ème étage du Phelan Building, immeuble classé de San Francisco construit en 1907.

Bien que les locaux ne soient pas aussi modernes que ceux d’autres stars de la (Silicon) Valley, une atmosphère particulière y règne. De grands espaces, un look industriel avec des colonnes en ciment brut, tuyauteries apparentes, éléments originaux éparpillés à travers les bureaux : dessins artistiques publiés sur la plateforme, un calendrier lunaire géant mis à jour tous les ans, un bar suspendu dans la cafét…

Ici, les start-ups se tirent la bourre dans la course à la croissance. Les meilleures lèvent des fonds de plusieurs dizaines de millions de dollars, et les licornes, superstars des start-ups, sont valorisées à plus d’1 milliard de dollars. C’est une bulle de 11 500 boîtes high-tech qui emploient 420 000 personnes et réalisent environ 100 milliards de dollars de chiffre d’affaire. Vertigineux.

Ce qui m’a marquée en visitant toutes ces entreprises, ce sont les principes de management et la culture d’entreprise. Le management vertical et le pointage des années 30 ont été remplacés par un nouveau modèle, l’entreprise 2.0.

C’est en tout 1er lieu une affaire de valeurs. Pas simplement affichées, mais celles qui sont réellement vécues et recherchées chez les employés embauchés et promus. Elle viennent avant même l’attente des performances, qui sont aussi bien sûr très valorisées, mais dans un cadre collectif. Ces valeurs communes permettent de créer une confiance mutuelle. Cela réduit le nombre de règles en vigueur (absurdes et infantilisantes), on compte sur le bon sens et l’honnêteté des collaborateurs.

Exemple, temps de travail/vacances illimitées : personne n’est jugé sur le temps passé au bureau, mais sur les résultats effectifs. Pourquoi rester inutilement au bureau si on peut terminer son travail en quelques heures ? Chez Facebook par exemple, on vous pousse à quitter le bureau à 17h si vous n’avez rien de spécial à faire. A Google on vous permet de dégager 20% de votre temps de travail pour explorer un nouveau projet. Et pour la plupart, vous avez le droit à des congés illimités.

Le levier de performance n’est pas le contrôle et la pression sur les objectifs, mais sur la suppression des contraintes inutiles. En effet, du moment où on fait en sorte que chacun puisse délivrer son plein potentiel, le contrôle et les objectifs deviennent des concepts secondaires. Ce cadre comportemental permet de donner une grande liberté aux collaborateurs. Les mots d’ordre sont créativité, autonomie, autodiscipline. Chez Netflix, la devise est « Liberté et Responsabilité ».

Les rares process en place permettent juste de constituer un cadre minimal pour favoriser le travail collectif et simplifier la vie des collaborateurs. De la même façon, l’attention portée à la rétention des employés est très forte. Pas question de les classer les uns par rapport aux autres, la seule comparaison acceptable est leur valeur par rapport au marché. Les titres eux aussi sont considérés comme inutiles dans beaucoup de ces boîtes. Ici, le manager n’a pas d’autorité hiérarchique. La 1ère question qu’il pose à ses collaborateurs en entretien est « Que puis-je faire pour te simplifier la vie ? ».

Ce type de pratique managériale garantit à Google, Facebook, Netflix, mais aussi chez les plus petites comme Genymobile ou Textme, d’attirer et de donner envie aux meilleurs talents de contribuer au travail d’équipe en donnant le meilleur d’eux-mêmes. Pas de doute que quand on travaille dans un tel environnement, on a les ressources pour comprendre le marché, proposer des solutions innovantes et s’adapter aux secousses de la sphère IT.

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